Le signal publié par Selectra sur l’électricité gratuite du samedi 29 août concerne d’abord le marché de gros, pas toutes les factures des particuliers. Les heures visées correspondent aux moments où le prix spot devient nul ou négatif, un phénomène plus fréquent lors des périodes de forte production solaire et de demande modérée. Pour les ménages, l’enjeu consiste à distinguer le prix de marché, visible heure par heure, du tarif appliqué par leur fournisseur. Un foyer au tarif réglementé classique ne voit pas son kilowattheure tomber automatiquement à zéro, mais certains contrats indexés permettent de tirer parti de ces variations.
Selectra signale le 29 août sur le marché spot
La publication de Selectra s’inscrit dans une série d’alertes consacrées aux prix de l’électricité au jour le jour. Le comparateur suit les variations horaires du marché de gros français, utilisé comme référence par les fournisseurs et par une partie des offres indexées. Le samedi 29 août, le titre évoque des heures où l’électricité ne coûte rien, ce qui renvoie à des prix nuls ou négatifs sur la bourse de l’électricité.
Dans ce type de journée, les créneaux utiles se concentrent le plus souvent autour de la mi-journée. Les données récentes de Selectra montrent déjà que le 28 août, la meilleure plage se situait vers 13h, avec un point bas à 35 €/MWh, sans bascule sous zéro. Le lendemain, le signal de gratuité indique une situation plus favorable aux consommateurs exposés au prix horaire.
Pour lire correctement cette information, il faut retenir trois plages à surveiller en priorité : 12h-13h, 13h-14h et 14h-15h. Ces horaires correspondent à la zone habituelle où le prix spot descend le plus fortement quand la production photovoltaïque couvre une part importante de la demande nationale. La gratuité mentionnée ne signifie pas que le réseau, les taxes et l’abonnement disparaissent.
La référence technique reste le marché day-ahead opéré via Epex Spot, sur lequel les prix du lendemain sont fixés la veille. Un prix négatif traduit un excédent momentané de production par rapport à la consommation attendue. Pour les particuliers, cette donnée devient utile uniquement si le contrat répercute vraiment les prix horaires ou si le fournisseur propose une option avec incitation forte au déplacement des usages.

Linky et contrats indexés limitent la gratuité réelle
Le compteur Linky permet de mesurer la consommation par demi-heure, condition indispensable pour facturer un client selon des plages dynamiques. Sans cette granularité, un fournisseur ne peut pas attribuer précisément les kilowattheures consommés pendant les moments où le marché descend à zéro. La présence du compteur communicant ne suffit pas, car tout dépend ensuite des clauses du contrat souscrit.
La plupart des ménages restent protégés par des offres à prix fixe, par le tarif réglementé ou par des formules classiques heures pleines heures creuses. Dans ces cas, une baisse ponctuelle du marché de gros ne se traduit pas immédiatement dans la facture. Les contrats indexés sont les plus concernés, surtout lorsqu’ils suivent directement le prix horaire avec une marge commerciale ajoutée par le fournisseur.
Il existe aussi des offres à signaux tarifaires plus lisibles, comme l’option Tempo d’EDF, mais leur mécanique ne se confond pas avec la gratuité spot. Tempo repose sur des jours bleus, blancs et rouges, puis sur des heures pleines ou creuses. Un prix de gros nul le 29 août peut coïncider avec une plage intéressante, mais le client paie le barème prévu dans son contrat.
La facture comprend de plus des éléments qui ne suivent pas directement la bourse de l’électricité : l’abonnement, le tarif d’utilisation des réseaux, les taxes et parfois une part fixe liée au fournisseur. Même avec un prix de gros à zéro, le kilowattheure facturé peut conserver un coût résiduel. Avant de lancer des appareils en masse, le consommateur doit consulter son espace client, sa grille tarifaire et ses horaires contractuels.

Solaire et demande basse expliquent le creux de 13h
Le principal moteur des prix très bas reste le solaire. En fin d’été, la production photovoltaïque demeure élevée en journée, tandis que les besoins de chauffage sont inexistants et que la climatisation varie selon les régions. Quand le ciel est favorable et que la consommation reste modérée, les centrales les moins flexibles doivent parfois continuer à produire, ce qui pousse le marché vers des prix très faibles.
La demande nationale pèse aussi fortement dans l’équation. Un samedi, l’activité industrielle recule par rapport à un jour ouvré, les bureaux consomment moins et une partie des déplacements domicile-travail disparaît. Cette configuration réduit les besoins en matinée et en début d’après-midi. Le réseau doit malgré tout équilibrer à chaque instant la production et la consommation, sans stocker massivement l’électricité excédentaire.
La comparaison avec la veille illustre l’ampleur du mouvement. Le 28 août, Selectra signalait une fourchette allant de 35 €/MWh au plus bas à 181 €/MWh lors des périodes tendues. L’heure la moins chère se situait déjà vers 13h, mais aucun prix nul ou négatif n’était attendu. Le passage à une gratuité de marché le 29 août traduit donc une détente plus marquée sur l’équilibre offre-demande.
Ces épisodes ne doivent pas être confondus avec une baisse durable du prix de l’électricité. Le soir, les prix remontent souvent entre 18h et 21h, au moment où les ménages cuisinent, allument les équipements numériques et rechargent certains appareils. La volatilité horaire devient un sujet central pour les fournisseurs, les gestionnaires de réseau et les clients capables de déplacer leur consommation sans perte de confort.
Chauffe-eau, lave-linge et recharge à programmer prudemment
Le premier usage à déplacer reste le chauffe-eau, à condition que l’installation permette une programmation simple. Un ballon électrique peut concentrer une partie de sa consommation sur les heures les moins chères, sans modification visible pour le foyer. Les ménages doivent néanmoins éviter les manipulations répétées du contacteur, surtout si l’installation est ancienne ou si le tableau électrique présente des signes de faiblesse.
Le lave-linge, le lave-vaisselle et le sèche-linge représentent aussi des postes adaptés à un pilotage horaire. La programmation différée suffit souvent à placer un cycle entre 12h et 15h. Le gain dépend de la puissance de l’appareil et du contrat. Sur une offre classique, l’économie liée au spot reste indirecte, mais le réflexe peut devenir utile si les heures creuses évoluent vers la journée.
La voiture électrique constitue le levier le plus visible, car une recharge à domicile mobilise plusieurs kilowattheures en une seule session. Programmer la charge pendant un creux de marché réduit le coût pour les contrats dynamiques et facilite l’intégration des renouvelables. Les fabricants proposent déjà des applications permettant de fixer une heure de départ, une limite de charge et une plage de fonctionnement.
Selectra rappelle dans ses contenus sur les heures creuses que le déplacement des usages peut représenter jusqu’à 95 € par an selon les profils, les équipements et les tarifs. Ce montant n’est pas garanti pour chaque foyer, mais il donne un ordre de grandeur. La bonne méthode consiste à vérifier son numéro de point de livraison, consulter ses plages exactes, puis programmer seulement les appareils gourmands et faciles à décaler.
Questions fréquentes
- L'électricité était-elle gratuite pour tous les ménages le 29 août ?
- Non. Le signal de gratuité vise le prix de gros horaire. Les ménages au tarif réglementé, à prix fixe ou avec une offre classique ne bénéficient pas automatiquement d’un kilowattheure à zéro.
- Quels horaires fallait-il surveiller le 29 août ?
- Les plages de mi-journée étaient les plus pertinentes, en particulier 12h-13h, 13h-14h et 14h-15h. Ces moments correspondent au creux habituel lié à la production solaire.
- Quels appareils peut-on programmer pendant ces heures ?
- Le chauffe-eau, le lave-linge, le lave-vaisselle et la recharge d’une voiture électrique sont les usages les plus adaptés. Le gain dépend du contrat, de la puissance des appareils et du volume réellement déplacé.
- Comment vérifier si son contrat profite des prix spot ?
- Il faut consulter la grille tarifaire dans l’espace client, vérifier les horaires appliqués et repérer si l’offre mentionne une indexation horaire au marché. Le numéro de point de livraison permet aussi d’identifier les plages associées au compteur.
À retenir
- La gratuité du 29 août concerne d’abord le marché de gros.
- Les créneaux de mi-journée restent les plus favorables.
- Seuls certains contrats répercutent les prix horaires.
- Linky permet la mesure fine, pas la gratuité automatique.
- Les gros appareils programmables offrent le meilleur levier.
Sources
- Les actualités de l'énergie en France : électricité et gaz naturel
- Prix de l'électricité : de 35 € à 181 € le MWh ce 28 août, le bon créneau à viser
- Heures creuses : comment connaître vos vrais horaires et payer votre électricité moins cher
- Vos heures creuses ne sont plus forcément la nuit : reprogrammez vos appareils et récupérez 95 € par an
- Prix spot de l'électricité — marché de gros day-ahead en direct







