Inaugurée le 7 août 2026 à Bimbo, près de Bangui, la centrale solaire de Sakaï 2 marque une nouvelle étape pour l’approvisionnement électrique en République centrafricaine. Le projet, financé par les Émirats arabes unis, affiche une capacité annoncée de 60 mégawatts pour un investissement évalué à 90 millions de dollars. Dans un pays où l’accès à l’électricité demeure limité et irrégulier, cette mise en service est suivie de près par les ménages, les entreprises et les acteurs publics.
Sakaï 2 apporte 60 MW au réseau de Bangui
La centrale solaire de Sakaï 2 doit ajouter progressivement 60 MW à la capacité de production nationale. Pour la région de Bangui, où les coupures perturbent l’activité économique et la vie quotidienne, cette puissance représente un apport significatif. Le site est situé à Bimbo, en périphérie de la capitale, un choix géographique lié à la proximité des besoins urbains et aux possibilités de raccordement au réseau existant.
La montée en charge se fait par étapes. Plusieurs sources locales évoquent une première tranche déjà lancée, avec une composante solaire et un dispositif de stockage. Cette architecture progressive permet de tester les équipements, d’ajuster l’injection sur le réseau et de limiter les risques techniques lors des premières semaines d’exploitation. Pour Bangui, l’enjeu porte autant sur la quantité produite que sur la stabilité de la distribution.
La République centrafricaine dispose d’un potentiel solaire important, avec un ensoleillement favorable sur une grande partie du territoire. Le défi principal ne vient pas seulement de la ressource disponible, mais des infrastructures de transport, de maintenance et de gestion. Une centrale de cette taille demande des compétences techniques, des pièces de rechange, des équipes formées et un suivi régulier des performances.
L’apport de Sakaï 2 ne supprime pas toutes les contraintes du système électrique centrafricain. Le réseau reste fragile, notamment lorsque la demande augmente en soirée ou pendant les périodes de forte chaleur. Néanmoins, cette nouvelle capacité réduit la dépendance aux moyens thermiques plus coûteux et peut alléger la pression sur les installations existantes, surtout dans l’agglomération de Bangui.

Les Émirats financent 90 millions de dollars à Sakaï
Le financement annoncé de 90 millions de dollars, soit près de 50 milliards FCFA selon les estimations communiquées, place les Émirats arabes unis au cœur de ce projet énergétique. Cette enveloppe couvre la construction, l’équipement solaire et une partie des dispositifs nécessaires à l’intégration du parc dans le système électrique national. Certaines sources mentionnent aussi un coût de 39,5 milliards FCFA pour une première tranche, ce qui traduit une exécution par phases.
Pour Bangui, ce financement extérieur répond à une contrainte budgétaire ancienne. Les grands projets d’électricité nécessitent des capitaux élevés, alors que l’État centrafricain doit aussi financer la sécurité, les services publics et les infrastructures de base. L’appui émirati permet de lancer un chantier que les ressources publiques locales auraient eu du mal à porter seules dans des délais courts.
Les Émirats arabes unis multiplient depuis plusieurs années les investissements dans les infrastructures africaines, notamment dans l’énergie, les ports, l’agriculture et la logistique. En République centrafricaine, leur implication dans l’énergie solaire répond à une double logique: renforcer leur présence diplomatique et soutenir des projets visibles, associés à la transition énergétique. Cette coopération reste aussi liée aux conditions de maintenance et à la capacité locale de reprendre progressivement la gestion technique.
Le modèle de financement devra être observé dans la durée. Les autorités centrafricaines n’ont pas seulement besoin d’une centrale inaugurée, mais d’une installation opérationnelle sur plusieurs décennies. Les contrats d’exploitation, la formation des techniciens et la transparence sur les coûts de production seront déterminants pour mesurer l’effet réel du projet sur les factures, la disponibilité du courant et la confiance des usagers.

Bimbo devient un pôle solaire stratégique pour l’Enerca
La commune de Bimbo, située à proximité immédiate de Bangui, prend une place importante dans la stratégie électrique nationale avec le site de Sakaï 2. Sa position en périphérie de la capitale facilite le lien avec les zones de consommation les plus denses. Pour l’opérateur public Enerca, qui gère la production et la distribution d’électricité, cette localisation offre un accès plus direct aux centres urbains, aux administrations, aux hôpitaux et aux petites entreprises.
La concentration des besoins autour de Bangui pèse fortement sur le réseau. Une part importante de l’activité économique centrafricaine s’y trouve, des ateliers aux commerces, en passant par les services publics. Les délestages ont un coût direct: pertes de produits réfrigérés, arrêt des machines, recours aux groupes électrogènes et hausse des dépenses en carburant. Une production solaire proche de la capitale peut réduire certains de ces surcoûts lorsque la distribution suit.
Bimbo dispose aussi d’un intérêt foncier et technique. Les centrales solaires demandent de l’espace, une exposition dégagée et des accès routiers pour l’installation des panneaux, des onduleurs et des transformateurs. La proximité de Bangui simplifie les interventions d’entretien, un point décisif dans un pays où la logistique peut ralentir les réparations en dehors des grands axes.
Pour Enerca, le défi réside désormais dans l’équilibre entre production nouvelle et capacité du réseau à l’absorber. Injecter 60 MW de solaire demande une coordination fine, car la production varie selon l’ensoleillement. Les lignes, les postes électriques et les systèmes de pilotage doivent suivre le rythme. Sans renforcement suffisant, une partie de la puissance disponible pourrait être sous-utilisée lors de certaines périodes.
Le stockage par batterie sécurise la livraison d’électricité
Les informations disponibles mentionnent une composante de stockage par batterie associée au parc solaire, notamment dans la première phase. Ce point est central pour un système électrique comme celui de la République centrafricaine. Le solaire produit surtout en journée, alors que la demande peut rester élevée en soirée. Les batteries permettent de lisser une partie de cette différence et d’éviter une chute brutale de l’offre lorsque le soleil baisse.
Un dispositif de stockage contribue aussi à stabiliser la fréquence et la tension du réseau. Dans un environnement électrique fragile, les variations rapides de production peuvent provoquer des déséquilibres. Les batteries jouent alors un rôle de tampon, en absorbant une partie de l’énergie disponible à certains moments, puis en la restituant quand le réseau en a besoin. Cette fonction technique est moins visible qu’un champ de panneaux, mais elle conditionne la qualité du service.
Le bénéfice pour les usagers dépendra de la capacité réelle du système, de son entretien et des règles de dispatching. Les hôpitaux, les services d’eau, les télécommunications et les commerces figurent parmi les secteurs qui ont le plus à gagner d’une alimentation plus régulière. Pour les ménages, l’effet attendu se mesure dans la réduction des coupures et dans la possibilité d’utiliser des équipements de base sans recourir systématiquement à des solutions individuelles coûteuses.
La maintenance des batteries constitue une question majeure. Ces équipements ont une durée de vie limitée, exigent un contrôle thermique et nécessitent une gestion rigoureuse de leur cycle de charge. Le projet Sakaï 2 devra donc s’accompagner d’un plan de suivi technique et financier. La réussite ne reposera pas uniquement sur l’inauguration du site, mais sur la capacité à maintenir une production fiable, mesurable et intégrée au réseau national.
Questions fréquentes
- Où se situe la centrale solaire de Sakaï 2 ?
- La centrale se trouve à Bimbo, près de Bangui, en République centrafricaine. Cette localisation facilite le raccordement aux zones de forte consommation de la capitale.
- Quelle est la capacité annoncée du projet ?
- La capacité annoncée atteint 60 mégawatts. La mise en service doit se faire progressivement, avec une première phase destinée à sécuriser l’intégration au réseau.
- Qui finance la centrale solaire de Sakaï 2 ?
- Le projet est financé par les Émirats arabes unis à hauteur de 90 millions de dollars, soit près de 50 milliards FCFA selon les montants communiqués.
- Pourquoi le stockage par batterie est-il important ?
- Les batteries permettent de lisser la production solaire, surtout lorsque l’ensoleillement diminue. Elles peuvent améliorer la stabilité du réseau et réduire certaines coupures.
À retenir
- Sakaï 2 doit ajouter progressivement 60 MW au réseau centrafricain.
- Le financement émirati atteint 90 millions de dollars.
- Bimbo devient un site clé pour l’alimentation électrique de Bangui.
- Le stockage par batterie doit limiter les variations de production solaire.
Sources
- Centrafrique : une centrale solaire financée par les Emirats inaugurée …
- République centrafricaine : la centrale solaire de Sakaï 2 livre ses …
- La première tranche du champ solaire de Sakaï 2 sera inaugurée ce 07 …
- Centrafrique : 90 millions USD des Émirats arabes unis … – Financial Afrik
- Une nouvelle centrale solaire est lancée en République …







