La mine d’or Eureka Gold Mine, située à environ 150 kilomètres au nord de Harare, a mis en service une centrale solaire de 5,4 MW. Cette installation constitue la première étape d’un programme énergétique plus vaste, annoncé à 16,4 MW, dans un pays où l’approvisionnement électrique reste un sujet sensible pour l’industrie minière. Selon Financial Afrik et plusieurs sources sectorielles, l’investissement initial est évalué à US$4,5 millions.
Eureka Gold Mine lance 5,4 MW près de Harare
La mise en service de cette centrale marque une étape concrète pour Eureka Gold Mine, exploitation aurifère relancée ces dernières années dans le nord du Zimbabwe. Le site, implanté dans une zone minière à forte intensité énergétique, dépendait jusque-là du réseau national et de solutions d’appoint pour maintenir ses opérations. L’arrivée de 5,4 MW solaires doit fournir une partie de l’électricité nécessaire au concassage, au broyage et au traitement du minerai.
Le projet ne se limite pas à cette première tranche. Les informations disponibles font état d’un plan porté à 16,4 MW, ce qui permettrait à la mine de couvrir une proportion plus importante de ses besoins internes. Dans l’industrie aurifère, la continuité de l’alimentation électrique conditionne directement les volumes extraits, la disponibilité des équipements et la maîtrise des coûts opérationnels.
L’investissement communiqué pour cette phase initiale atteint US$4,5 millions. D’autres estimations, portant sur l’ensemble du programme solaire, évoquent une enveloppe comprise entre 12 et 15 millions de dollars. Cette différence s’explique par le périmètre retenu, la partie déjà mise en service d’un côté, le développement complet de l’autre, incluant équipements électriques, génie civil et raccordement interne.
La localisation du projet lui donne une portée économique particulière. La région de Harare concentre une partie des infrastructures industrielles du pays, mais les mines installées en périphérie doivent composer avec des contraintes logistiques et énergétiques. Pour Eureka, produire sur site réduit l’exposition aux interruptions et limite le recours aux générateurs, dont les coûts varient avec les prix du carburant importé.

Le solaire réduit la dépendance au réseau zimbabwéen
Le Zimbabwe connaît régulièrement des tensions sur son réseau électrique, en raison d’une production hydraulique variable, de centrales thermiques vieillissantes et d’une demande industrielle soutenue. Dans ce contexte, la stratégie d’Eureka vise d’abord la sécurité d’approvisionnement. Une mine d’or fonctionne en continu, avec des équipements qui supportent mal les coupures répétées. Les délestages peuvent entraîner des arrêts de lignes, des pertes de production et des surcoûts de maintenance.
La centrale solaire ne remplace pas intégralement le réseau, mais elle réduit la part d’électricité achetée auprès de la Zimbabwe Electricity Supply Authority ou obtenue via des solutions de secours. Cette approche hybride devient fréquente dans les sites miniers africains. Les opérateurs recherchent un équilibre entre réseau public, solaire, stockage éventuel et groupes thermiques, afin d’éviter qu’un incident unique ne bloque toute la chaîne de production.
Le facteur financier pèse lourd dans ces décisions. Le diesel utilisé pour les générateurs représente une charge élevée, surtout lorsque les volumes sont importants et que les livraisons dépendent des devises disponibles. Le solaire, après l’investissement de départ, offre un coût marginal faible. Il permet de lisser une partie du coût énergétique, dans un secteur où les marges dépendent à la fois du cours de l’or, de la teneur du minerai et de la stabilité des opérations.
Cette orientation correspond à une tendance plus large dans l’Afrique australe. En Zambie, en Afrique du Sud et au Zimbabwe, plusieurs acteurs industriels investissent dans l’autoproduction pour réduire leur exposition aux fragilités des réseaux nationaux. Les autorités y voient un moyen d’alléger la pression sur les opérateurs publics, mais la montée de solutions privées pose aussi la question de l’accès équitable à l’énergie pour les ménages et les petites entreprises.

42 champs photovoltaïques alimentent l’exploitation aurifère
Les données techniques publiées autour du projet mentionnent 42 champs de panneaux solaires et 7 onduleurs. Ces équipements transforment l’énergie produite en courant exploitable par les installations industrielles de la mine. Pour un site aurifère, cette intégration demande une conception précise, car les besoins varient selon les étapes de production, depuis l’extraction jusqu’au traitement métallurgique.
La centrale est conçue pour fonctionner au plus près des charges électriques du site. Le réseau interne doit gérer les variations de production solaire au fil de la journée, avec une puissance maximale atteinte lorsque l’ensoleillement est le plus fort. Les postes les plus énergivores, notamment le broyage, peuvent être programmés ou soutenus par d’autres sources lorsque la production photovoltaïque baisse.
La question du stockage n’a pas été détaillée dans les informations disponibles. Sans batteries de grande capacité, une centrale solaire industrielle reste dépendante d’un complément électrique pendant la nuit ou lors de fortes couvertures nuageuses. Pour autant, même sans stockage massif, une installation de cette taille réduit sensiblement la consommation d’électricité issue du réseau pendant les heures de production.
Dans une mine d’or, la fiabilité de l’alimentation compte autant que le prix du kilowattheure. Un arrêt non planifié peut perturber la récupération du métal, retarder les expéditions et mobiliser des équipes techniques supplémentaires. L’apport du solaire doit donc être évalué à travers les mégawatts installés, mais aussi à travers la baisse des interruptions, la prévisibilité des coûts et la capacité du site à respecter ses objectifs de production.
Le Zimbabwe minier mise sur l’énergie privée
Le choix d’Eureka s’inscrit dans une transformation progressive du secteur extractif zimbabwéen. L’or reste une ressource centrale pour les recettes d’exportation et l’accès aux devises. Les autorités encouragent les investissements capables d’augmenter la production, mais les opérateurs signalent régulièrement que l’électricité, les transports et la disponibilité des capitaux conditionnent la rentabilité des projets.
Les centrales solaires minières répondent aussi à la pression croissante des acheteurs, des banques et des investisseurs. Les groupes actifs dans les matières premières doivent documenter leurs émissions, même lorsqu’ils opèrent dans des pays où le réseau reste carboné ou instable. Une part d’énergie renouvelable produite sur site renforce les dossiers de financement et peut améliorer la relation avec les clients internationaux.
Cette dynamique crée un marché pour les développeurs d’énergie, les équipementiers photovoltaïques et les sociétés d’ingénierie. Les investissements privés dans l’électricité peuvent accélérer la modernisation de certains sites, mais ils profitent d’abord aux entreprises capables de financer leurs propres infrastructures. Les plus petites exploitations, souvent moins capitalisées, restent exposées à la volatilité des coûts et aux interruptions du réseau.
Pour Eureka, la prochaine étape portera sur l’extension annoncée vers 16,4 MW et sur la performance réelle de la centrale au fil des saisons. Les premiers mois d’exploitation permettront de mesurer la production effective, l’impact sur la facture énergétique et la contribution du projet aux engagements ESG. Ces résultats seront suivis par d’autres acteurs miniers du pays, confrontés aux mêmes arbitrages entre production, coûts et sécurité électrique.
Questions fréquentes
- Où se trouve la mine d’or Eureka Gold Mine ?
- Eureka Gold Mine se situe au Zimbabwe, à environ 150 kilomètres au nord de Harare. Le site exploite un gisement aurifère et nécessite une alimentation électrique stable pour ses opérations industrielles.
- Quelle est la puissance de la centrale solaire inaugurée ?
- La première phase mise en service atteint 5,4 MW. Elle s’inscrit dans un projet plus large annoncé à 16,4 MW, destiné à couvrir une part plus importante des besoins énergétiques de la mine.
- Pourquoi une mine d’or investit-elle dans le solaire ?
- Le solaire permet de réduire la dépendance au réseau électrique national, de limiter le recours au diesel et de stabiliser une partie des coûts d’exploitation. Pour une mine, la continuité de l’électricité est directement liée aux volumes produits.
- Le projet solaire couvre-t-il tous les besoins de la mine ?
- La centrale de 5,4 MW ne couvre pas l’ensemble des besoins d’un site aurifère industriel. Elle complète le réseau et d’autres sources d’énergie, avec un apport plus élevé pendant les heures d’ensoleillement.
À retenir
- Eureka Gold Mine a mis en service 5,4 MW solaires au Zimbabwe.
- Le projet constitue la première étape d’un programme annoncé à 16,4 MW.
- L’investissement initial est évalué à US$4,5 millions.
- La centrale réduit l’exposition de la mine aux délestages et au diesel.
- Les performances réelles seront observées au fil des prochains mois.







