Le Cambodge compte désormais 15 250 voitures électriques en circulation, selon les données relayées fin juillet 2026. Cette progression rapide rapproche le pays de son objectif de 30 000 véhicules électriques d’ici 2030, dans un marché encore dominé par les moteurs thermiques et les importations de voitures d’occasion.
Le Cambodge atteint 15 250 voitures électriques en circulation
Le chiffre marque une accélération nette pour un pays où la voiture électrique restait marginale il y a quelques années. Les données disponibles font état de 15 250 voitures électriques actuellement recensées au Cambodge, contre 14 056 véhicules enregistrés de 2021 à mai 2026 par le ministère des Travaux publics et des Transports. La hausse observée depuis janvier rend plus crédible la trajectoire fixée par les autorités.
Cette évolution part d’une base faible, mais elle change l’échelle du marché. Les voitures électriques représentent encore une part limitée du parc automobile national, estimée autour de 1 %. Leur progression devient néanmoins visible dans les zones urbaines, en particulier à Phnom Penh, où les véhicules récents côtoient les deux-roues, les tuk-tuks et les voitures importées du Japon, de Corée du Sud ou de Chine.
La dynamique s’explique par plusieurs facteurs combinés. La baisse relative des prix de certains modèles, l’arrivée de constructeurs asiatiques plus agressifs et la curiosité d’une clientèle urbaine aisée soutiennent les ventes. Les acheteurs mettent aussi en avant le coût d’usage, jugé plus faible que celui d’un véhicule essence, surtout lorsque la recharge se fait à domicile ou sur un lieu de travail équipé.
Pour les pouvoirs publics, la progression des véhicules électriques s’inscrit dans une politique plus large de réduction de la dépendance aux carburants importés. Le Cambodge ne dispose pas d’une industrie automobile comparable à celle de la Thaïlande voisine, mais il cherche à capter une partie de la transition en cours en Asie du Sud-Est, notamment dans les services, la distribution et la maintenance.

Phnom Penh vise 30 000 véhicules électriques en 2030
L’objectif gouvernemental de 30 000 voitures électriques d’ici 2030 paraît moins éloigné qu’auparavant. Avec 15 250 unités déjà en circulation, le pays a franchi environ la moitié du seuil visé. Il lui faut encore ajouter près de 14 750 véhicules en un peu plus de quatre ans, soit un rythme annuel supérieur à celui observé au début de la décennie, mais compatible avec l’accélération récente.
Les autorités cambodgiennes ont aussi fixé une perspective de long terme plus ambitieuse. La feuille de route évoque une part de 40 % de véhicules électriques dans le parc automobile d’ici 2050. Cet objectif concerne une transformation plus profonde du transport individuel et professionnel, dans un pays où la croissance économique nourrit la demande de mobilité, mais où les infrastructures restent inégales entre capitale, villes secondaires et zones rurales.
Le calendrier dépendra largement de la fiscalité, du crédit automobile et du pouvoir d’achat. Une voiture électrique neuve demeure onéreuse pour une large partie de la population cambodgienne. Les ménages qui accèdent à l’automobile privilégient souvent des véhicules thermiques d’occasion, moins chers à l’achat et mieux connus des garages locaux. Le passage à l’électrique suppose donc des offres d’entrée de gamme, des garanties lisibles et un marché de seconde main plus structuré.
La comparaison régionale pèse aussi dans les décisions de Phnom Penh. La Thaïlande attire des investissements industriels massifs dans les batteries et l’assemblage, tandis que le Vietnam dispose déjà d’un constructeur national positionné sur l’électrique. Le Cambodge avance sur un modèle différent, davantage centré sur l’importation, l’usage urbain et l’adaptation progressive des services publics, avec une marge d’apprentissage importante pour les administrations locales.

Bornes de recharge et réseau électrique concentrent les tensions
La croissance des ventes place les infrastructures au centre du débat. Les propriétaires de voitures électriques peuvent recharger chez eux lorsque le logement le permet, mais ce modèle ne répond pas à tous les usages. Les habitants d’immeubles, les chauffeurs professionnels et les conducteurs effectuant des trajets interurbains ont besoin de bornes de recharge fiables, accessibles et correctement réparties sur le territoire.
Phnom Penh concentre logiquement les premiers équipements. Les centres commerciaux, les immeubles récents et certains parkings privés deviennent des lieux d’expérimentation. Hors de la capitale, le déploiement apparaît plus dispersé. Les axes vers Siem Reap, Sihanoukville ou Battambang devront gagner en densité si le véhicule électrique doit dépasser l’usage urbain quotidien et convaincre des automobilistes habitués aux longs trajets familiaux ou professionnels.
Le réseau électrique constitue un second point sensible. Le pays a investi dans la production et l’interconnexion régionale, mais la qualité de l’approvisionnement varie selon les secteurs. Une hausse rapide du nombre de véhicules branchés peut accroître la demande aux heures de pointe. Les opérateurs devront proposer des tarifs adaptés, des solutions de recharge lente la nuit et des équipements capables de limiter la pression sur le réseau.
L’enjeu environnemental ne se limite pas au pot d’échappement absent. Le bénéfice climatique dépendra aussi du mix électrique, de la durée de vie des batteries et des filières de recyclage. Les autorités devront encadrer l’importation de batteries usagées, la maintenance et la fin de vie des composants. Sans règles claires, la transition vers le transport électrique risque de déplacer une partie des problèmes vers les déchets techniques et les ateliers informels.
BYD et les importateurs chinois gagnent en visibilité
La montée en puissance de la voiture électrique au Cambodge s’accompagne d’une recomposition commerciale. Les constructeurs chinois disposent d’un avantage marqué sur les prix, les volumes et la variété des modèles. BYD, déjà très présent dans plusieurs marchés asiatiques, figure parmi les marques les plus visibles auprès des consommateurs intéressés par l’électrique, aux côtés d’autres acteurs asiatiques et de véhicules importés individuellement.
Cette présence s’explique par la stratégie d’exportation des groupes chinois. Ils proposent des berlines, SUV compacts et citadines électriques à des tarifs souvent inférieurs à ceux des marques occidentales. Pour le Cambodge, marché sensible au prix d’achat, l’argument est décisif. Les distributeurs locaux valorisent aussi les garanties, les logiciels embarqués et les équipements de confort, devenus des critères importants pour une clientèle urbaine connectée.
Les garages et concessionnaires doivent s’adapter rapidement. La maintenance d’un véhicule électrique mobilise moins de pièces mécaniques classiques, mais exige des compétences nouvelles sur les batteries, l’électronique de puissance et les systèmes de sécurité haute tension. Les formations techniques, les pièces détachées et les outils de diagnostic deviennent des éléments déterminants pour installer la confiance des acheteurs sur plusieurs années.
Le développement du marché dépendra enfin de la capacité des acteurs à rassurer les utilisateurs sur la valeur de revente. Dans un pays où l’achat automobile reste un investissement important, le prix du véhicule après trois ou cinq ans compte presque autant que son coût de recharge. Les prochaines immatriculations permettront de mesurer si la progression actuelle reste portée par des pionniers urbains ou si elle gagne progressivement les familles, les entreprises et les flottes professionnelles.
Questions fréquentes
- Combien de voitures électriques circulent au Cambodge en 2026 ?
- Le Cambodge compte actuellement 15 250 voitures électriques en circulation. Les données disponibles montrent une progression rapide depuis janvier, après 14 056 véhicules électriques enregistrés de 2021 à mai 2026.
- Quel objectif le Cambodge s’est-il fixé pour 2030 ?
- Le gouvernement cambodgien vise 30 000 voitures électriques en circulation d’ici 2030. Avec 15 250 unités recensées, le pays a atteint environ la moitié de cet objectif.
- Quels obstacles freinent encore la voiture électrique au Cambodge ?
- Les principaux freins concernent le prix d’achat, la disponibilité des bornes de recharge hors de Phnom Penh, la capacité du réseau électrique et la formation des garages à la maintenance des batteries.
À retenir
- Le Cambodge compte désormais 15 250 voitures électriques en circulation.
- L’objectif national reste fixé à 30 000 voitures électriques d’ici 2030.
- Les bornes de recharge et le réseau électrique conditionnent la suite.
- Les constructeurs chinois gagnent en visibilité auprès des acheteurs urbains.







