VisimagNews120 MW, 96 millions d'euros, Sidi Bouzid II démarre en Tunisie, ce...

120 MW, 96 millions d’euros, Sidi Bouzid II démarre en Tunisie, ce que Scatec doit affronter sur ce marché d’ici 2027

Date:

4.9/5 - (33 votes)

Le développeur norvégien Scatec engage la construction de la centrale solaire Sidi Bouzid II, d’une capacité de 120 MW, après avoir bouclé son financement. Le projet, développé en Tunisie avec Aeolus, filiale du groupe japonais Toyota Tsusho, représente un investissement estimé à 96 millions d’euros. Sa mise en service commerciale est attendue au second semestre 2027, dans un marché tunisien où les appels d’offres publics structurent l’arrivée de nouveaux producteurs renouvelables.

Scatec lance Sidi Bouzid II avec Aeolus en Tunisie

Scatec confirme son ancrage dans le solaire tunisien avec le lancement du chantier de Sidi Bouzid II. Cette centrale photovoltaïque de 120 MW s’inscrit dans une série de projets attribués par appel d’offres public, mécanisme retenu par les autorités tunisiennes pour sécuriser de nouvelles capacités de production électrique à prix contractualisé.

Le projet est développé à parts égales avec Aeolus, société liée au groupe japonais Toyota Tsusho. Cette structure de partenariat répartit le capital entre un opérateur spécialisé dans les actifs renouvelables en marchés émergents et un investisseur industriel disposant d’une expérience dans les infrastructures. Pour Scatec, il s’agit du troisième chantier solaire engagé dans le pays, ce qui traduit une stratégie de présence répétée plutôt qu’une opération isolée.

Le site doit produire de l’électricité vendue dans le cadre d’un contrat d’achat de long terme. Ce type de montage limite l’exposition aux variations du marché spot, tout en donnant aux prêteurs une visibilité sur les recettes futures. Dans les pays où les investissements électriques demandent un financement international, la qualité du contrat d’achat reste un élément central de bancabilité.

La région de Sidi Bouzid offre un potentiel solaire élevé, avec une ressource cohérente avec les besoins d’une centrale au sol de cette taille. La construction mobilisera des travaux de terrassement, de voirie interne, de pose de structures, d’installation de modules photovoltaïques et de raccordement électrique. Les effets économiques locaux dépendront du volume de sous-traitance retenu, de la durée effective du chantier et de la part de main-d’œuvre tunisienne mobilisée par les entreprises retenues.

Chantier photovoltaïque Sidi Bouzid II avec techniciens et panneaux solaires
Le chantier de Sidi Bouzid II doit aboutir à une capacité installée de 120 MW. — Photo : Amine Mayoufi / Pexels

Un financement de 96 millions d’euros porté par BERD et BEI

Le coût total du projet atteint 96 millions d’euros, selon les éléments communiqués par Scatec. Le montage repose sur une combinaison de dette sans recours et de fonds propres, avec un levier d’environ 70 %. Cette architecture limite le risque au périmètre du projet, une pratique fréquente dans les infrastructures électriques dont les revenus proviennent d’un contrat d’achat.

Les prêteurs seniors annoncés sont la BERD, Banque européenne pour la reconstruction et le développement, et la BEI, Banque européenne d’investissement. Leur présence constitue un signal important pour le marché tunisien. Ces institutions interviennent souvent lorsque les projets répondent à des critères de transition énergétique, de discipline financière et de gouvernance contractuelle. Leur rôle ne se limite pas à l’apport de dette, car elles imposent aussi des standards sociaux, environnementaux et de conformité.

Le projet bénéficie aussi de financements concessionnels et de garanties européennes, notamment via des instruments liés à la politique de voisinage de l’Union européenne et au Fonds européen pour le développement durable Plus. Ces mécanismes réduisent une partie du risque perçu par les investisseurs privés, surtout dans des marchés où les taux, le risque de change et la solidité des acheteurs publics pèsent lourdement sur le coût du capital.

Pour la Tunisie, l’intérêt de ce montage tient à la capacité d’attirer des capitaux internationaux sans porter seule l’ensemble de l’investissement. La contrepartie réside dans une exigence accrue de stabilité réglementaire et contractuelle. Les prêteurs attendent un calendrier de construction maîtrisé, un raccordement effectif au réseau et une capacité de l’acheteur public à honorer les paiements prévus par le contrat. Ces éléments seront suivis de près jusqu’à la mise en service commerciale.

Financement solaire en Tunisie avec banques européennes et investisseurs
Le financement associe dette sans recours, fonds propres et institutions européennes. — Photo : Jakob Stöberl / Pexels

Le modèle EPC confie 75 % du capex à Scatec

Scatec ne se limite pas à un rôle d’actionnaire. Le groupe assurera les prestations d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction, désignées par le sigle EPC. Ce périmètre représente environ 75 % du capex du projet. Cette position permet au développeur de capter une partie importante de la valeur pendant la phase de construction, avant même l’exploitation complète de l’actif.

Le modèle retenu illustre une approche dite capital-light, revendiquée par l’entreprise. Scatec conserve 50 % du capital, tandis qu’Aeolus détient l’autre moitié, mais le groupe norvégien intervient sur plusieurs maillons de la chaîne. Il développe le projet, organise le financement, conduit le chantier, puis fournit les services d’exploitation et de maintenance, soit O&M, une fois la centrale en fonctionnement.

Cette intégration présente des avantages opérationnels. Un même opérateur peut harmoniser les choix techniques, les coûts de construction et les exigences de performance à long terme. Les décisions prises lors du design influencent directement la disponibilité future de la centrale, le rendement des modules, les besoins de nettoyage, la résistance des équipements aux conditions climatiques et les coûts de maintenance.

Le risque principal porte sur l’exécution. Une centrale de 120 MW suppose une logistique importante, avec livraison de modules, onduleurs, transformateurs, câbles et structures métalliques dans des délais compatibles avec le calendrier contractuel. Les tensions internationales sur certains composants solaires se sont atténuées par périodes, mais les chaînes d’approvisionnement restent sensibles aux coûts de transport, aux contrôles douaniers et aux variations de change.

Pour les investisseurs, la combinaison EPC et O&M par Scatec crée une continuité de responsabilité. Si la centrale sous-performe après sa mise en service, l’analyse portera sur la conception, la qualité des composants et les pratiques d’exploitation. Cette continuité peut rassurer les prêteurs, à condition que les garanties de performance et les pénalités de retard soient clairement encadrées dans les contrats.

La Tunisie accélère ses appels d’offres solaires avant 2027

Le lancement de Sidi Bouzid II intervient dans un contexte où la Tunisie cherche à renforcer la part des énergies renouvelables dans son mix électrique. Le pays dépend encore fortement des combustibles fossiles pour produire son électricité, avec une sensibilité aux prix du gaz et aux contraintes d’importation. Le solaire permet de diversifier l’approvisionnement, surtout pendant les heures de forte production diurne.

Les appels d’offres publics offrent aux autorités un outil de sélection concurrentielle. Les développeurs déposent des propositions techniques et tarifaires, puis les projets retenus bénéficient d’un cadre contractuel permettant de lever la dette. Ce système facilite la comparaison des coûts, mais il impose une grande rigueur administrative. Les délais d’autorisation, d’accès au foncier et de raccordement restent déterminants pour transformer une attribution en mégawatts effectivement connectés.

La mise en service attendue en 2027 place le projet dans une fenêtre importante pour le réseau tunisien. L’intégration d’une centrale solaire de cette taille exige des capacités d’évacuation suffisantes et une coordination avec l’opérateur public, notamment la STEG. Le solaire produit de manière variable, ce qui renforce la nécessité d’une planification fine entre production thermique, importations éventuelles et équilibre du réseau.

Le projet peut aussi servir de référence pour les prochains appels d’offres. Si le chantier respecte le calendrier, si le financement reste stable et si le raccordement ne crée pas de blocage, les autorités disposeront d’un exemple concret pour attirer d’autres développeurs. À l’inverse, tout retard important rappellerait les difficultés fréquentes des marchés émergents, où la qualité des contrats ne suffit pas toujours à compenser les contraintes de terrain.

Pour Scatec, la Tunisie représente un marché à taille intermédiaire, mais stratégique. Le groupe exploite et construit des actifs renouvelables sur plusieurs continents, avec un portefeuille annoncé de 6,4 GW de capacité de production et 2 GWh de stockage en exploitation ou en construction. Sidi Bouzid II confirme cette orientation vers des marchés où la croissance électrique, la ressource solaire et les financements multilatéraux peuvent se combiner.

Questions fréquentes

Quelle est la capacité de la centrale Sidi Bouzid II ?
La centrale solaire Sidi Bouzid II disposera d’une capacité installée de 120 MW. Elle sera construite en Tunisie par Scatec, en partenariat avec Aeolus, filiale du groupe japonais Toyota Tsusho.
Qui finance le projet solaire de Scatec en Tunisie ?
Le financement repose sur une dette sans recours et des fonds propres. Les prêteurs seniors annoncés sont la BERD et la BEI, avec des instruments européens de subvention et de garantie.
Quand la centrale Sidi Bouzid II doit-elle entrer en service ?
La mise en service commerciale est prévue au second semestre 2027, sous réserve du respect du calendrier de construction, des procédures de raccordement et des exigences contractuelles.

Guide IA 2026, classement au 9 août, texte, code, voix et vidéo, ce qu’Info-lux veut simplifier pour choisir sans perdre du temps

À retenir

  • Scatec lance la construction de Sidi Bouzid II, centrale solaire tunisienne de 120 MW.
  • Le projet de 96 millions d’euros est financé avec la BERD, la BEI et des instruments européens.
  • Scatec détient 50 % du projet avec Aeolus et assure l’EPC, l’exploitation et la maintenance.
  • La mise en service commerciale est attendue au second semestre 2027.
Marie despres
Marie despreshttps://www.visimag.com
Marie Després s'attache à décrypter les tendances, les innovations et les sujets qui rythment l'actualité. À travers une veille quotidienne et une approche pédagogique, elle propose des contenus fiables, accessibles et pensés pour répondre aux interrogations des lecteurs. Pour l'assister dans ses recherches et l'optimisation de ses articles, elle utilise l'intelligence artificielle, avant d'effectuer une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale rigoureuses.

Share post:

Subscribe

spot_imgspot_img

Populaires

Plus d'informations
Related

Comment signaler un serveur Discord ?

Discord est l'une des plateformes de médias sociaux les...

1 milliard de dollars annualisés, moins de 200 jours après son lancement, ChatGPT Ads devient le pari pub d’OpenAI

OpenAI revendique pour ChatGPT Ads un rythme de revenus...